ARTICLES DE NUTRITION
Le meilleur aliment de l'homme
Par Douglas Raymond
Dans le monde occidental, l'alimentation ne pose pas de problème, si ce n'est celui de l'équilibre nutritionnel. Autrement dit, nous pouvons manger tous les jours mais, en règle générale, nous ne sommes pas correctement alimentés. L'industrie produit de la nourriture de plus en plus raffinée. Quoi manger ?
Vous pratiquez un sport, vous êtes à la recherche de force et endurance et la question suivante devient incontournable : quel est l'aliment qui vous aidera le plus efficacement à atteindre vos objectifs ?
J'espère que la lecture de cet article vous permettra de trouver la réponse.
Bien que la médecine et la science de la nutrition nous enseignent que pour être en bonne santé, il faut manger de façon équilibrée en ayant recours à des sources alimentaires très variées, je tiens à signaler que, parmi tous les aliments, il y en a un qui revêt un intérêt tout particulier, notamment si vous êtes sportif. 

QUE DEVONS-NOUS MANGER ?
En alimentation, comme dans l'habillement, les modes apparaissent et disparaissent : végétalisme, végétarisme, macrobiotique, etc.
Devons-nous manger comme nos ancêtres ? Certains sont de cet avis. Ils affirment qu'actuellement, nous mangeons trop de graisses saturées, de sucre et de sel, et trop peu de vitamines, minéraux et fibre. Que les aliments que nous ingérons sont excessivement traités et dénaturés, procédés qui ne laissent dans la nourriture que de vagues vestiges de ses structures naturelles. Certains sont même exclusivement composés d'éléments de synthèse.
D'autres déclarent que l'alimentation moderne est meilleure. La preuve : nos ancêtres mouraient plus jeunes des maladies les plus diverses et de malnutrition.
Qui a raison ? Avant de tirer nos propres conclusions, jetons un coup d'oeil sur la vie de nos premiers ancêtres, leur alimentation et leur santé 

ALIMENTATION ET ÉVOLUTION
Avant de continuer, soulignons que l'évolution de l'homme ne saurait être comprise sans prendre en compte son alimentation et que toute évolution d'une espèce, dans quelque sens que ce soit, ne se produit qu'à très long terme. Il va sans dire que notre métabolisme s'est adapté à notre alimentation au fil de milliers de générations. Pour adopter la diète la plus appropriée, il nous faudra d'abord savoir ce que mangeaient nos ancêtres. Mais lesquels ? Ceux d'il y a 1000, 10 000 ou 500 000 ans ?
Génétiquement parlant, nous ressemblons bien davantage aux hommes du paléolithique qu'à ceux d'il y a 10 000 ans pour la simple raison que le mode de vie des premiers êtres humains a persisté bien plus longtemps, de l'ordre de 500 000 ans, les premiers essais dans le domaine de l'agriculture ne datant que d'environ dix millénaires.
Un demi-million d'années est extrêmement difficile à imaginer. Ayons donc recours à une comparaison. Si nous imaginons que l'existence de l'homme sur la planète occupe une période de vingt-quatre heures, l'exercice de l'agriculture ne représenterait que les trois minutes et demie qui viennent de s'écouler, dont les quatre dernières secondes correspondraient à l'ère industrielle (début vers l'an 1800).
Comparativement, les hommes sèment et récoltent depuis peu, alors que ceux qui chassaient pour manger, l'ont fait pour l'espace de milliers de générations, un temps suffisamment long pour permettre à leur génétique d'évoluer, de s'adapter à leur mode de vie et de favoriser la survie. En fait, les gènes que nous avons hérités ont des centaines de milliers d'années et sont les mêmes qui ont permis de subsister aux chasseurs et cueilleurs primitifs. Par rapport à l'exemple précédent, ces trois minutes et demie ne suffisent pas à altérer significativement notre patrimoine génétique, même si notre mode de vie a radicalement changé.

LA DIÈTE À L'ÂGE DE PIERRE
Si, après plusieurs milliers de générations, la diète détermine certaines caractéristiques du génome, l'activité physique conditionne à son tour l'alimentation. La science ne connaît pas le quotidien de l'homme du paléolithique dans tous ses détails, mais on peut dire qu'en essence il était chasseur et se nourrissait principalement de viande. L'exercice de la chasse l'obligeait parfois à parcourir de longues distances pour se procurer du gibier, voire de courir à toutes jambes pour échapper aux prédateurs qui le menaçaient. La viande une fois obtenue, le chasseur rebroussait chemin pour la manger en compagnie de femmes et enfants. Cela avait pour conséquence un volume de travail considérable sur de longs parcours, transportant des poids considérables, aussi bien en hiver qu'en été.
Or, le succès à la chasse n'était pas toujours assuré et aux époques d'abondance succédaient d'autres de pénurie alimentaire, où l'homme primitif apprit à se nourrir des fruits et légumes qu'il cueillait. L'agriculture n'était pas encore née et il était contraint de manger les végétaux qu'il trouvait sur son passage. Etant nomade, il n'ensemençait pas des terres où il ne comptait pas rester. Avec le temps, il est donc devenu omnivore, capable de digérer des aliments végétaux qui, à défaut de gibier, lui procuraient les nutriments dont il avait besoin. Cette alimentation permit aux humains de développer une activité physique difficile à imaginer pour l'homme moderne, et ce des millénaires durant et dans un environnement pour le moins hostile.
On croit que l'homme du paléolithique ne connaissait pas l'obésité, malgré le fait de consommer quelque 3000 calories par jour. En moyenne, nous en ingérons à peine 2000 et le surpoids par manque d'exercice est de plus en plus fréquent. La diète de l'homme primitif lui apportait, outre un niveau très élevé d'énergie, environ 1500 milligramme de calcium par jour sans boire de lait, tandis qu'actuellement nous n'en obtenons même pas la moitié, bien que les autorités sanitaires en recommandent au moins 1000 qutidiennement, afin de préserver les structures du système osseux.
Il est également probable que son régime alimentaire lui fournît à peu près 500 milligrammes de vitamine C par jour, alors que nous n'en obtenons même pas 100. Fait curieux, son ingestion de fibre aurait été de 45 grammes environ, face à celle de la nôtre qui, dans le meilleur des cas, est d'à peine 20.
Bien entendu, sa consommation de protéines représentait entre quatre et cinq fois la nôtre et dans son alimentation n'entraient que deux groupes de nourriture : la viande d'un côté et, de l'autre, des fruits et des légumes. Lait, laitages, légumineuses et céréales lui étaient parfaitement inconnus. Il ne connaissant pas non plus les maladies occasionnées par les trois fléaux du monde moderne : l'excès de graisses saturées, le sucre raffiné et le sel.
Son ingestion de cholestérol était pourtant proche de la nôtre, étant donné que la viande maigre en contient autant que ses parties grasses.
Sa diète était-elle plus saine que celle de l'homme actuel ? Nul doute, son espérance de vie était moindre, mais cela était dû à des circonstances inexistantes de nos jours, à des maladies infectieuses et à des accidents tels que de simples fractures osseuses. N'empêche que les hommes de science ont constaté que chez certains peuples actuels, dont la vie ressemble beaucoup à celle de l'homme du paléolithique, l'on ne connaît pratiquement pas les affections dégénératives si fréquentes dans nos villes, et l'espérance de vie atteint la soixantaine.

LES BESOINS ACTUELS
Cela veut-il dire qu'il nous faudra manger comme à l'âge de pierre ? Pas exactement. Aujourd'hui, les aliments ont changé et si vous suivez une diète composée exclusivement de viande, fruits et légumes, vous n'obtiendrez pas les mêmes nutriments. La viande du bétail actuel est plus grasse et contient davantage d'acides gras oméga-6, alors qu'à ces époques si reculées, elle était plutôt riche en oméga-3. En outre, en mangeant les fruits et les légumes actuels, vous ne satisferiez probablement pas les demandes de votre organisme en calcium. Vous seriez obligé de les complémenter de laitages.
Notre environnement naturel n'est pas le même non plus et il serait inutile de vouloir imiter l'alimentation des hommes primitifs. Je voudrais seulement attirer votre attention sur le fait que nos gènes répondent toujours très positivement au régime qui a été le nôtre de nombreux millénaires durant, du fait que celui-ci est le plus proche de leur propre nature. 

UN ALIMENT D'EXCEPTION POUR LE RENDEMENT PHYSIQUE
Il a constitué une des nourritures clé de notre évolution, car nous ayant permis de subsister comme espèce : la viande. Etant donné que c'est d'elle principalement que nous dérivons notre force et notre énergie, sans elle nous n'aurions pas survécu. Si les premiers hommes étaient capables de parcourir de très longues distances, de sauter, de chasser et de transporter des poids très lourds, c'était essentiellement grâce à l'énergie que leur apportait la viande. Les fruits et les légumes qu'ils ceuillaient n'étaient qu'une sorte de garde-manger auquel ils avaient recours en cas d'urgence grave, c'est-à-dire en disette de gibier, qui était leur nourriture fondamentale.
Ne mangez pas seulement de la viande, cela va de soi. Mais méfiez-vous de ceux qui semblent vouloir vous faire accroire que la viande est à l'origine de toute sorte d'affections, alors qu'elle a été notre nourriture de base au fil de plus d'un demi-million d'années et que, de ce fait, nous sommes génétiquement programmés pour la digérer et l'assimiler parfaitement.
La viande est une source exceptionnelle de protéines totalement assimilables, riche en vitamines, notamment en vitamine B-12, essentielle pour la formation du sang et qu'on ne trouve pas dans la nourriture d'origine végétale. Elle apporte des minéraux, dont du fer bivalent, lequel est combiné aux hèmes –composants essentiels de l'hémoglobine– et véhicule l'oxygène indispensable à la production d'énergie à toutes les cellules de l'organisme. Finalement, la viande est la source naturelle la plus riche en créatine, un élément clé pour le développement de force et masse musculaire.

EN GUISE DE RÉCAP
Si vous recherchez le rendement physique maximal, que ce soit en culturisme ou dans n'importe quelle autre discipline sportive, la viande doit faire partie de votre diète habituelle. Surtout les viandes rouges vous apporteront tous les nutriments dont votre corps a besoin pour être performant et en bonne santé.
A l'heure actuelle, la pratique d'un sport est la forme la plus rapprochée de l'activité physique journalière de nos ancêtres des cavernes. Notre corps est parfaitement préparé pour y faire face. L'inactivité tue, mais l'exercice est source de santé. Donnez le meilleur de vous-même au gym et mangez de la viande et vous progresserez à tous les niveaux. Ce n'est pas par hasard qu'un bon steak est à mon avis le meilleur aliment pour l'homme.