ARTICLES DE NUTRITION
L’huile d’onagre. Un trésor oublié
Par Grant Abramson
Dans une époque où seuls l’ésotérique, l’extravagant et le pseudo-scientifique ont cours, il semble pour le moins insolite d’apprécier les choses simples que nous avons toujours eues à notre portée. La nutrition sportive offre sans cesse de nouveaux suppléments capables d’améliorer les performances des athlètes, des substances aux noms presque impossibles à prononcer. Sans compter ceux des produits ciblant le marché de la musculation, qui ressemblent plutôt à un cours de chimie qu’à la description d’un aliment. Redécouvrons donc un trésor de la nature longtemps oublié.

Il s’agit de l’huile de primevère, plante herbacée scientifiquement nommée primula veris ou eliator, connue aussi sous le nom d’onagre. La dénomination anglaise evening primrose oil –sous laquelle cette huile est commercialisée sur la moitié de la planète– évoquant plutôt des soins de beauté qu’un supplément pour des culturistes purs et durs, on a préféré s’en tenir à la sobre “huile d’onagre” pour éviter des équivoques, voire des mièvreries quelque peu rococo.
Souvent, les athlètes préfèrent un produit susceptible de leur procurer un petit avantage en compétition, aux substances qui consolident les fonctions de leur corps, ce qui s’explique par le simple fait que les juges évaluent leur apparence, non pas leur organisme. Nombre de culturistes considèrent que si un supplément ne leur permet pas de prendre plusieurs kilos de muscle, le jeu n’en vaut pas la chandelle. Ils ne tiennent pas compte du fait que la première condition pour progresser est d’avoir une santé de fer. Si leur organisme fonctionne à souhait, ils seront plus performants à l’entraînement et en compétition, c’est-à-dire d’autant plus capables de former du muscle.
Voyons donc quelles sont les caractéristiques et les propriétés de cette huile. Son ingrédient le plus intéressant est l’acide gamma-linoléique, lequel représente environ neuf pour cent de sa composition. Naguère on croyait que cet acide pouvait être facilement synthétisé par l’organisme à partir d’un autre acide gras, l’acide linoléique, mais on a constaté que ce n’est pas toujours le cas, notamment chez des personnes ayant des déficiences d’ordre métabolique ou nutritionnel. Par exemple, une carence en vitamine B6, zinc, ou magnésium ou une sécrétion insuffisante d’insuline empêcheront la production normale d’acide gamma-linoléique.
Les habitudes alimentaires y jouent un rôle important, surtout la consommation d’un certain type de graisses. Celles à la configuration chimique en cis sont d’origine naturelle, alors que celles en trans résultent de procédés inventés par l’homme. Or, notre organisme peut élaborer de l’acide gamma-linoléique à partir des premiers, jamais des seconds. Par surcroît, l’ingestion d’acides gras en trans génère une demande accrue de notre corps en acides gras essentiels, ce qui donne lieu à un déficit en ces derniers et à l’incapacité de mener à bien la transformation mentionnée.
Les acides gras en trans entrent dans la composition de nombreux aliments courants, comme la margarine, qui en contient jusqu’à 35%, ce qui représente un sérieux problème. De ce fait, la difficulté, voire l’impossibilité de former de l’acide gamma-linoléique est de nos jours devenue monnaie courante. En ce cas, il est conseillé d’avoir recours à la supplémentation, au moyen de, par exemple, l’huile d’onagre. Examinons-en maintenant les nombreuses propriétés.
Une fois dans le corps, l’acide gras en question commence à produire des prostaglandines, qui sont des éléments similaires aux hormones qui agissent sur tous les organes. Cependant, à la différence des ces dernières, les prostaglandines ne peuvent être stockées par l’organisme et leurs effets sont de courte durée, car elles sont bloquées par certaines enzymes. Leur production doit par conséquent être continue… alors que l’acide gamma-linoléique fait défaut. Sur quoi, nous risquons de tomber dans un cercle vicieux.
De nombreuses études confirment que la prolifération des crises cardiaques à partir de 1920, jusque quand l’industrie alimentaire a commencé à commercialiser sur une grande échelle des acides gras en trans, n’est pas due au hasard.
Ces graisses dénaturées empêchent l’utilisation des acides gras en cis, mais l’huile d’onagre permet de produire une importante prostaglandine, la PGE1, composée des acides gamma-linoléique et dihomo-gamma-linoléique, et dont la fonction consiste à conserver la fluidité du sang, parant ainsi à la concrétion de plaquettes, donc à la formation de caillots sanguins.
D’autre part, ce supplément diététique peut être utilisé dans le traitement de l’arthrite rhumatismale, pathologie caractérisée par une inflammation des membranes synoviales, lesquelles synthétisent le liquide lubrifiant les articulations. L’incorporation d’huile d’onagre à la diète en améliore notablement les symptômes.
L’acide gamma-linoléique produit des prostaglandines spécifiques qui accélèrent l’activité des mitochondries des cellules grasses brunes, ou tissu adipeux de stockage, dont la combustion a un effet thermogène global qui entraîne la réduction du poids gras. Une étude réalisée par les docteurs K.S. Vaddadi et David Horrobin révèle qu’en administrant de l’huile d’onagre dans le cadre de la diète à des personnes en surpoids, celles-ci perdaient environ la moitié de leur graisse corporelle superflue, même sans altérer leurs habitudes alimentaires. On émet l’hypothèse que les sujets observés souffraient d’une déficience d’acides gras poly-insaturés, qui a été corrigée par l’addition du supplément qui nous occupe. De là les effets régulateurs du poids.
En outre, des expériences in vitro démontrent que la prostaglandine PGE1 intervient dans les fonctions immunitaires en stimulant la production de cellules T par la glande thymus. Première ligne du système de défense de notre organisme, ces cellules sont cruciales pour nous protéger contre des rhumes et autres états infectieux. Nous nous permettons de vous rappeler qu’une carence en vitamines C et B6, zinc ou acide gamma-linoléique mettra de sérieuses entraves à la production de la prostaglandine PGE1.
Mais cela n’est pas tout. L’acide dihomo-gamma-linoléique est éliminé par le foie lors du métabolisme de l’alcool et de certaines substances de synthèse, comme les stéroïdes. La prise d’huile d’onagre apporte à l’organisme de l’acide gamma-linoléique, matière première indispensable à la formation d’acide dihomo-gamma-linoléique.
A ces propriétés viennent s’ajouter le soulagement des troubles prémenstruels, la gestion de la sécrétion lacrymale et salivaire et le renforcement des ongles. Associée au zinc, l’huile d’onagre ralentit la progression de la sclérose en plaques. Enfin, elle agit comme adjuvant dans le traitement de l’acné et de l’eczéma.
De par ses nombreuses vertus, l’huile d’onagre devrait faire partie du programme diététique de tous nos sportifs. Elle n’a aucun effet secondaire, car extraite d’une plante aux propriétés reconnues. D’un prix abordable, elle constitue une riche source des acides gras les plus importants pour la santé et, de ce fait, pour être en bonne forme, améliorer ses performances et progresser plus rapidement. Essayez-la ! Vous nous en direz des nouvelles !