ARTICLES DE NUTRITION
La fibre
Un hydrate de carbone très spécial
Par Dana Wormwood
Les hydrates de carbone sont le meilleur carburant des fonctions de notre corps. Eux exceptés, il nous reste trois autres sources énergétiques : les protéines, les graisses et l’alcool.
Utilisés pour produire de l’énergie, les protides s’avèrent dispendieux sans pour autant présenter le moindre avantage par rapport aux glucides. Quant à la graisse, le cerveau et le système nerveux ne peuvent l’utiliser efficacement et, par ailleurs, les diètes qui en contiennent trop sont associées à de nombreuses maladies. L’alcool ne présente moins d’inconvénients pour la santé.
Par conséquent, de toutes les sources d’énergie possibles, la meilleure et plus abordable est celle des hydrates de carbone.
Mais tous les hydrates de carbone ne sont pas pareils. Un certain type qui ne produit pas d’énergie, ni ne présente de valeur nutritionnelle quelle qu’elle soit, est cependant essentiel pour notre alimentation : la fibre.

Les hydrates de carbone ont toujours été la principale source d’énergie pour les animaux et pour l’homme. En fait, les végétaux apportant de l’amidon ont jusqu’a présent constitué la base de l’alimentation des mammifères et ont permis a notre espèce de se pérenniser en tant que telle. Si nous n’avions pas pu nous en nourrir, nous n’aurions probablement pas pu survivre.
Ce sont les plantes qui maintiennent la vie sur notre planète, car elles constituent le premier maillon de la chaîne alimentaire. En principe, toutes les plantes sont une forme d’hydrate de carbone, lequel, à son tour, n’est autre chose qu’un dépôt de molécules de glucose. Le lait est la seule denrée animale qui contienne une certaine quantité d’hydrates de carbone, sous forme de lactose.
Le glucose est l’élément de base utilisé par toutes les cellules de notre corps, le carburant qu’elles utilisent toutes, sans exception.

FORMATION DES HYDRATES DE CARBONE
Ils sont composés de carbone, hydrogène et oxygène (“carbo”, de carbone et “hydrate”, d’hydrogène, eau).
Quand les rayons du soleil arrivent aux feuilles d’une plante, leur énergie est combinée avec un pigment vert appelé chlorophylle pour, avec le dioxyde de carbone que la plante extrait de l’air, et l’eau que ses racines absorbent de la terre, former un sucre simple appelé glucose.
Les hommes de science, qui, bien entendu, connaissent cette complexe réaction appelée photosynthèse dans tous ses détails, sont pourtant incapables de la reproduire in vitro, c’est-à-dire, sans l’intervention d’une plante. Une partie de l’énergie solaire est utilisée pour mener à terme le processus décrit, une autre se perd sous forme de chaleur, et la restante demeure “enfermée” dans les liaisons chimiques qui maintiennent stables les molécules de glucose, jusqu’à ce qu’un agent donné –peut-être une enzyme digestive– les rompe, pour la libérer. C’est la même énergie qui passe dans notre organisme et dont celui-ci a besoin pour survivre.
Le glucose appartient à une famille de substances appelées sucres ou hydrates de carbone simples. Formés dans les feuilles des plantes vertes, ces derniers fournissent l’énergie nécessaire au fonctionnement du végétal tout entier, à savoir, racine, tige ou tronc, feuilles, fleurs et fruits.
Par exemple, dans les racines, inaccessibles aux rayons solaires, chaque cellule décompose une partie du glucose en dioxyde de carbone et eau et utilise l’énergie libérée pour sa propre croissance et les activités qui lui incombent.

LES DIFFÉRENTS TYPES D’HYDRATES DE CARBONE
Mais le végétal produit aussi d’autres molécules à partir du glucose, par exemple le fructose, ou sucre des fruits, en redistribuant les atomes dans la molécule du glucose. Le glucose et le fructose sont les deux principaux sucres simples, ou monosaccharides, que l’on trouve dans la nature.
Mais le glucose peut également former de longues chaînes que l’on appelle hydrates de carbone complexes, comme la fécule, l’amidon et la fibre.
Mais une fois arrivée à maturité, la plante produira dorénavant de l’énergie non seulement pour ses propres besoins, mais également pour ceux de la génération suivante. Par exemple, une fois arrivée à la plénitude de sa croissance, la plante du maïs commence à stocker l’énergie en excédent de ses feuilles pour la croissance des nouvelles plantes, la prochaine saison. Mais ne pouvant emmagasiner le glucose à cause de sa solubilité dans l’eau qui l’empêcherait de résister aux intempéries de l’hiver, elle le transforme en une substance insoluble qui demeure dans les grains et les nourrit jusqu’à leur germination et production de feuilles propres, capables de photosynthèse.
Connu sous la dénomination d’amidon, ce dépôt de glucose est composé de jusqu’à 3000 molécules de glucose pour former un hydrate de carbone complexe, comme, par exemple, l’amidon. Quand nous mangeons de l’amidon, les enzymes salivaires et digestives dégradent à nouveau l’amidon en glucose au cours de la digestion, seule forme susceptible d’être ensuite utilisée comme élément énergétique. De là qu’un hydrate de carbone simple soit immédiatement versé dans la circulation sanguine, mais que la digestion des complexes puisse parfois être l’affaire de plusieurs heures. 

QU’EST-CE QUE LA FIBRE ?
Les fibres d’une plante contribuent au support des structures de sa tige, ses feuilles et ses graines. La plupart des fibres sont composées de polysaccharides de glucose, comme l’amidon, mais avec d’autres liens entre les molécules, faits de telle sorte qu’ils ne peuvent être cassés ou digérés par les enzymes humaines. Les polysaccharides de ce genre les plus connus sont la cellulose, l’hémicellulose et la pectine, que l’on trouve, par exemple, dans les fibres du céleri, dans la peau des grains de maïs et dans les membranes qui séparent les quartiers des agrumes.
Malgré le fait que les liens chimiques qui agglutinent les cellules de fibre ne peuvent être dissous par les enzymes digestives humaines, une petite partie de certaines fibres peut être digérée par une bactérie intestinale, ce qui nous permet d’obtenir une très petite quantité de glucose par ce biais. Les ruminants, eux, sont parfaitement capables de digérer la fibre, dont ils obtiennent le glucose grâce à leurs bactéries intestinales. Après, quand nous mangeons la viande de ce bétail, nous profitons indirectement de l’énergie solaire qui, à l’origine, se trouvait dans la fibre. Directement donc, la fibre ne nous apporte pas d’énergie, du fait que nous ne sommes pas capables de la digérer ni, par conséquent, de l’assimiler.

EFFETS DE LA FIBRE DANS L’ALIMENTATION
Même en n’apportant pas d’énergie, la fibre est essentielle pour l’alimentation humaine. Voici quelques-uns de ses bienfaits :

·Elle rassasie et contribue par conséquent à réduire l’ingestion de calories, car la nourriture riche en fibre absorbe une grande quantité d’eau, sans pratiquement apporter des calories.
·La fibre met plus longtemps que d’autres aliments à quitter l’estomac, ce qui en plus de rassasier et de retarder la réapparition de la faim, ralentit l’apport de sucre à la circulation sanguine, ce qui diminue la sécrétion d’insuline.
·Prévient la constipation et l’appendicite en conservant le contenu de l’intestin constamment en mouvement.
·On l’associe à une diminution du risque de cancer du côlon.
·Elle stimule les muscles des parois de l’appareil digestif, ce qui améliore leur tonus et santé, prévient les hémorrhoïdes et la formation de diverticules (cavités pathologiques en cul-de-sac, communiquant avec le tube digestif).
·Diminue le risque d’affections cardiaques par des voies diverses. La fibre insoluble s’unit aux composés gras et les élimine avec les selles, réduisant de la sorte les lipides et le cholestérol. Certains agents apportés par la fibre soluble inhibent la production de cholestérol de l’organisme et favorisent son élimination du sang.
·Même chez les diabétiques, elle aide l’organisme à gérer l’insuline, une hormone qui répond au glucose. En la présence de ce dernier, la fibre ralentira la digestion et l’absorption des glucides. Un petit déjeuner contenant de la fibre gérera à la baisse la libération du glucose des hydrates de carbone et, par conséquent, la sécrétion d’insuline, jusqu’au repas de midi.

NOURRITURE HAUTE EN FIBRE
Tous les fruits, et notamment ceux pouvant être consommés avec leur peau, comme les pommes, les poires, etc.
Les grains et les céréales, surtout complètes, comme le blé, le maïs, le seigle, les flocons d’avoine, etc.
Les légumes : bette, épinard, brocoli, laitue, céleri, tomate, pomme de terre, carotte, chou, chou-fleur, pois-chiches, lentilles, haricots, petits pois, etc.
Les fruits oléagineux : amandes, cacahuètes, noisettes, etc.
Bref, la consommation d’aliments riches en fibre vous permettra d’ingérer moins de calories et de mieux avoir sous contrôle votre niveau calorique et votre poids de corps, de mieux gérer et de stabiliser la production d’énergie, d’éviter les constipations et d’écarter le risque de maladies cardiaques, cancer de côlon, appendicite et diabéte, entre autres.
Retournons à une alimentation plus naturelle, plus en accord avec notre appareil digestif : mangeons davantage de fibre.