Vous avez sans doute lu plus d'une fois dans la presse que les trois causes de décès les plus communes dans notre société sont le cancer, la route et les affections coronariennes. A elles seules, elles représentent presque 80% de toutes les morts dans les pays occidentaux.
Presque toujours à l'issue fatale, le cancer sévit. Les accidents ensanglantent nos routes chaque année, malgré les campagnes d'information et prévention, mais ce sont sans nul doute les maladies cardiaques qui remportent la palme pour ce qui est du nombre de morts par an.
Très variées comme pathologies, elles ont cependant un point commun : elles portent atteinte au bon fonctionnement de l'organe roi, le coeur. Parlons donc affaires de coeur.
On a calculé que seulement aux Etats-Unis, une personne meurt toutes les demi-minutes d'une maladie cardiaque. Les statistiques sont effrayantes car, selon elles, chaque minute trois personnes souffrent une crise cardiaque. Qui pis est, une sur six n'a même pas de symptômes avant-coureurs et elle est foudroyée par surprise.
Ces mêmes statistiques attribuent la moitié des décès aux U.S.A. aux troubles cardio-vasculaires. Mais n'allez surtout pas croire que ces chiffres sont seulement applicables à ce pays. La fréquence de ces affections croît sans cesse dans toutes les sociétés avancées, dont les européennes.
Le coeur est le moteur principal de notre corps, celui qui envoie le sang vers toutes ses cellules, sans exception. Avant tout, c'est un muscle et, en tant que tel, il se contracte et se détend pour recevoir le sang et le lancer après à travers le système vasculaire, sans relâche, tout au long de notre vie. D'autre part, le coeur est muni de détecteurs très sensibles qui, mis en branle par des impulsions nerveuses –voire par certaines hormones, comme l'adrénaline–, en accélèrent le rythme lors d'une émotion. Ce n'est pas par hasard qu'on a toujours associé le coeur aux sentiments, étant donné qu'il réagit immédiatement à toute altération d'ordre émotif ou physique.
Mais si, éjecté par le coeur, la vie est véhiculée par le sang, celui-ci est obligé de circuler par un réseau de veines, artères et vaisseaux capillaires dont la santé se ressent à la moindre détérioration de la composition sanguine.
Il existe divers types d'affections du coeur proprement dit. Plusieurs d'entre elles se développent suite à une arrivée excessive, voire insuffisante, de sang au muscle cardiaque. Les trois principaux facteurs à risque de maladie cardiaque sont le tabac, l'hypertension artérielle et des niveaux trop élevés de cholestérol.
En principe, presque tous les problèmes de ce genre peuvent être attribués à l'état du réseau vasculaire. S'il est optimal, le sang coule sans entraves, la tension est normale et aucun problème n'est à craindre. Mais si les artères sont encombrées de dépôts de graisse, leur débit diminue, elles perdent de leur élasticité et les premiers troubles cardiaques apparaissent.
Indépendemment de certains facteurs génétiques, l'origine de ces pathologies est donc à chercher dans la formation d'agrégations grasses dans le sang, appelées plaques d'athérome, qui s'adhèrent aux parois des vaisseaux. Imaginez qu'une veine est une sorte de tuyau d'arrosage dans lequel coule de l'eau. Si nous réduisons son diamètre, la quantité d'eau écoulée sera plus petite. Dans le cas du sang, il y aura une sensible diminution de l'apport au coeur d'oxygène et nutriments.
Mais là, les problèmes ne feront que commencer. Le flux du sang étant plus restreint, la pression à l'intérieur des vaisseaux montera –tout comme dans le tuyau d'arrosage– et le coeur sera contraint d'augmenter le nombre de ses battements pour maintenir son débit habituel. En outre, le durcissement des parois veineuses et artérielles peut provoquer le décollement d'une concrétion grasse, voire d'un caillot sanguin, avec risque d'occlusion.
LA COMPOSITION DU SANG, CAUSE DES TROUBLES CARDIAQUES
Au fur et à mesure que les dépôts lipidiques recouvrent la tunique interne des artères, se développent les deux principales coupables des affections cardiaques : l'artériosclérose et l'hypertension qui, de surcroît, s'aggravent l'une l'autre.
La première apparaît quand les concrétions grasses s'adhèrent aux parois artérielles, notamment aux points de connexion de plusieurs d'entre elles, entraînant leur durcissement. Les artères saines s'élargissent à chaque battement du coeur, pour laisser passer une plus grande quantité de sang. Celles qui ont perdu de leur souplesse ne sont plus à même de le faire et la tension artérielle augmente, ce qui représente pour le coeur un travail supplémentaire qui, à son tour, endommage encore plus les conduits sanguins.
Quand une artère est hypertendue, ses parois s'amincissent et, à leurs points les plus faibles, elles peuvent se dilater excessivement formant un anévrisme menaçant de se rompre si la dilatation se poursuit. Quand une artère principale, comme l'aorte, en est atteinte, il s'ensuit une hémorragie massive, voire la mort.
Quand se forme un caillot, si celui-ci prend une taille considérable, il peut obstruer une artère (thrombose), privant ainsi de sang une partie du tissu qu'elle irrigue. Ce dernier meurt lentement par manque d'oxygène et de nutriments et il est remplacé par du tissu cicatriciel (ischémie). Une thrombose est appelée coronarienne quand elle atteint un vaisseau qui alimente le muscle cardiaque et cérébrale quand elle en touche un abouchant au cerveau.
Le décollement d'aggrégations lipidiques forme un corps appelé embole qui est entraîné par le torrent circulatoire, jusqu'à ce qu'il reste bloqué dans une artère trop étroite, qu'il oblitère, empêchant ainsi le passage du sang et des matières nutritionnelles qu'il véhicule (embolie). Quand l'embole se loge dans une des artères du coeur, il peut causer la mort subite (crise cardiaque).
Y REMÉDIER
Que peut-on faire pour maintenir les artères en bon état ? Grosso modo, trois choses : se nourrir correctement, faire de l'exercice et prendre des antioxydants. Passons en revue notre stratégie point par point.
Une alimentation saine réduit le taux sanguin de cholestérol et d'autres graisses saturées. On sait actuellement que ce sont principalement ces dernières qui sont à l'origine de la formation de plaque d'athérome, plutôt que le cholestérol. En fait, ce dernier n'engendre de concrétions lipidiques susceptibles de s'adhérer aux parois artérielles, que s'il s'oxyde. Les graisses animales et les huiles de friture trop souvent utilisées ou rancies sont les fournisseurs les plus importants de la matière première dont sont faites les concrétions grasses. Réduisez, voire supprimez, charcuteries, beurres, aliments frits et fast food : hamburgers, pommes frites, hot dogs, etc. Mangez des fruits, des légumes en abondance, de la volaille, du poisson et des laitages à 0%.
Deuxième point de notre stratégie : l'exercice, aussi bien cardio-vasculaire qu'aux poids. Parmi d'autres nombreux bienfaits, il agit sur le coeur en ralentissant son rythme, augmente le débit de veines et artères en les élargissant –ce qui contrecarre les effets de la plaque d'athérome– et utilise la graisse comme source d'énergie, c'est-à-dire qu'il combat le mal à son origine.
Les poids sont en étroit rapport avec la santé du coeur pour plusieurs raisons. Premièrement, le muscle squelettique active la circulation sanguine. Ses contractions et détentes agissent à la façon d'une pompe qui aspire et refoule du liquide, ce qui facilite les fonctions cardiaques. D'autre part, cette activité renforce le coeur et élève le niveau du bon cholestérol (DHL), tout en abaissant celui du mauvais (LDL).
Faites de l'exercice au moins trois fois par semaine et vous réduirez de 50% le risque de cardiopathie. Si vous ne pouvez pas vous inscrire dans une salle, faites de la course, du vélo, nagez ou pratiquez n'importe quelle autre forme d'exercice.
Troisième et dernier point, mais non le moindre : pour maintenir vos artères en bonne santé, prenez un antioxydant. Le cholestérol et les graisses insaturées ne formant de concrétions qu'une fois oxydés, il est facile d'y porter remède à l'aide d'antioxydants.
De nombreuses études scientifiques vienent ratifier que les vitamines C et E sont deux antioxydants qui s'avèrent très efficaces dans le traitement des affections coronariennes. La première réduit le LDL, empêche l'oxydation, a la propriété d'inverser le processus de formation de radicaux libres et favorise l'élargissement des vaisseaux sanguins en préservant l'oxyde nitrique, un agent naturel vasodilatateur.
De son côté, la vitamine E a des propriétés similaires à celles de la vitamine C. Toutefois, elle pare spécifiquement au rancissement des graisses, c'est-à-dire à leur oxydation. C'est un excellent conservant des lipides, souvent utilisé dans l'industrie alimentaire et, dans l'organisme, elle empêche les lipides de devenir nuisibles à la santé.
Ajoutez à votre diète un minimum d'un gramme de vitamine C et 100 U.I. de vitamine E par jour, en plusieurs prises. Ni l'une, ni l'autre n'étant pas toxiques même à fortes doses, vous pourrez augmenter ces chiffres sans crainte.
Il existe de nombreux autres antioxydants, tels que les vitamines A et B-3, le bêta-carotène, les minéraux zinc et sélénium, l'acide alpha-lipoïque, ainsi que beaucoup de phytonutriments fournis par fruits et légumes. De là notre recommandation d'en manger abondamment.
RÉSUMONS
Les affections cardiaques sont la première cause de décès dans les sociétés avancées. Et pourtant, elles sont relativement faciles à prévenir en adoptant un mode de vie comprenant une alimentation variée et basse en graisses saturées, la pratique régulière d'exercice physique et la prise d'antioxydants. Nous vous conseillons vivement de prendre les mesures décrites. De tout notre coeur.